Afrique

Figure Yanda
Azande

Oubangui
République Démocratique du Congo

Bois sculpté et métal
Début du 20ème siècle
Hauteur : 32.5 cm

Collectée in situ entre 1955 et 1960 par le Dr Witman,
médecin belge stationné dans la région de Mobaye au Congo
Par descendance familiale, Belgique
Ex collection particulière, Pays-Bas
Ex collection Jo de Buck, Bruxelles

African Heritage Documentation & Research Centre Archive ref 0173805

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Afrique Centrale
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Selon Burssens ("Yanda-Beelden en Mani-Sekte bij de Azande (Centraal-Afrika)" in Annales du Musée Royal de l’Afrique Centrale, n° 4, 1962, p. 213-220), le culte du Mani a pour origine la région autrefois placée sous l'autorité du Sultan Abandia, au sud de l'actuelle République Centrafricaine. Les statuettes supports du culte, dénommées yanda ("l'esprit", "la force") et généralement considérées comme féminines, avaient une fonction thérapeutique et de protection, et servaient parfois à formuler des présages divinatoires.

De petites figurines ornées de perles, d'anneaux, enduites de libations de toutes sortes, les Yanda, étaient les supports privilégiés pour l'exercice de la magie chez les Zande. Ces objets étaient utilisés par les membres du Mani, une société secrète, contre-pouvoir politique instauré par le peuple Zande en République Centrafricaine puis qui s'était étendu dans le nord du Zaïre. Le Mani yanda n'existe plus de nos jours. Il s'agissait d'une société hiérarchisée ouverte aux hommes et aux femmes, une sorte de «Bwami». De fait, ces statuettes Yanda ne sont pas sans rappeler les objets du Bwami chez les Lega bien que plus «croûteuses» car enduites de substances leur conférant pouvoirs magiques. Yanda est le mot qui signifie la force ou l'esprit et qui désigne aussi ces figurines. Plus stylisé, plus abstrait, ce type Kudu de figurine Yanda remplissait les mêmes fonctions. Censée protéger le dignitaire du Mani qui la possèdait, elle pouvait grâce à des rituels, libérer sa puissance de manière négative si l'on désirait provoquer la maladie ou la mort. E.E Evans-Pritchard fut le premier à publier en 1937 un ouvrage qui fait référence sur le sujet: Witchcraft, oracles and magic among the Azande.