Afrique

Figure Singiti
Hemba

République Démocratique du Congo

Portrait commémoratif de chef
Figure Singiti
Style Muhona / Nkuvu

Bois sculpté
Début du 20ème siècle
Hauteur : 69 cm

Provenance:
Ex collection Hendrik Elias (1925-2014)
Ex Galerie Elmar, Wieze, Belgique, années 1975
Ex collection Jacky de Maeyer, Anvers, Belgique
Ex collection Adrian Schlag, Bruxelles, Belgique

Publication:
« Hendrik Elias’ Legacy Archives », Jo De Buck, 2018, page 12 & fig. 7 page 30

African Heritage Documentation & Research Centre Archive : 0153329

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Afrique Centrale
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Ainsi que l'indique François Neyt dans l'ouvrage de référence La grande statuaire Hemba du Zaïre (1977), si l'identité des chefs qu'elles commémoraient est aujourd'hui perdue, les effigies d'ancêtre visaient chez les Hemba à perpétuer la mémoire de la personnalité qu'elles honoraient. Ces statues faisaient l'objet d'un culte fondé sur le système de parenté et sur la notion de protection et de survie du lignage. " Les clans Hemba, relativement indépendants les uns des autres, possédaient leur propre histoire, et leurs arbres généalogiques, parfaitement connus, remontant allègrement à huit, dix, voire quinze générations, étaient essentiels notamment pour justifier la propriété du sol " (Neyt, p. 25).
Ces figures d'ancêtre commémorant la figure d'un chef constituaient les jalons de cette généalogie, en même temps qu'elles protégeaient le chef et les membres du clan.

Comme l'indique le Metropolitan Museum of Art de New York, les artistes Hemba soulignaient particulièrement deux éléments dans la représentation de ces figures - la tête et notamment le regard, site de l'intelligence et de la connaissance, et le nombril, point de connexion avec la lignée étendue. Les chefs Hemba héritaient chacun d'une série de figures de ce type. Ces dernières étaient conservées dans une hutte sacrée édifiée à cet effet au centre du village, à proximité de sa propre maison.

L'effigie d’ancêtre présentée ici provient du nord de la région Hemba, voisine des des Kusu et des Bassikasingo dont l’influence est notable sur le plan de la stylisation cubisante des traits.
La composition combine puissance et harmonie. La coiffure composée de quatre tresses est un élément que l’on retrouve dans un corpus restreint de sculptures collectées dans la région du fleuve Luama. Les exemples les plus connus sont la figure Hemba-Kusu du musée du quai Branly-Jacques Chirac, anciennement dans la collection de Jacques Kerchache ou, dans un style plus naturaliste, la figure acquise par le Metropolitan Museum of Art de New York en 2015.