Archives Kachinas

Poupée kachina

Hopi, Arizona, USA

Angwusnasomtaka Katsina
Kachina Mère Corbeau

Sculptée par le Chef du village hopi d’Oraibi, Wilson Tawaquaptewa (1873-1960)
Bois sculpté (cottonwood), plumes et pigments naturels
Vers 1930
Hauteur : 32.5 cm

Ex collection particulière, France

Illustrée dans : Mémoires d’une poupée Kachina, Editions Makassar – L’Enfance de l’Art, 2018

Prix : vendu

America - Southwest
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Les poupées kachina (katsinam) représentent les esprits ou dieux du panthéon des Indiens Pueblo du Sud-Ouest des États-Unis. Offertes aux enfants, les kachinas constituaient un outil pédagogique leur permettant de se familiariser avec le monde spirituel et de perpétuer la connaissance des mythes fondateurs au sein de la société.
La poupée Kachina présentée ici est appelée Angwusnasomtaka dans le panthéon Hopi. Cette kachina dont le nom signifie « Mère Corbeau » (Crow Mother) ou « Personnage avec des Ailes de Corbeau » apparaît sur les trois Mesas avec quelques différences de dessins sur le visage. Sur la Première Mesa elle est aussi connue sous le nom de Tumas. C’est un Chef Kachina qui mène souvent les processions des kachina importantes, en particulier lors du Powamu ou de la Danse du Haricot. Elle marche d’un pas calme et imposant alors qu’elle passe devant les diverses kivas et que le nombre des kachina rejoignant la procession augmente. La kachina Angwusnasomtaka ouvrait les cérémonies sacrées en portant dans son panier des aliments sacrés (maïs ou haricots).
Cette poupée kachina se caractérise par la superbe géométrie de sa construction faite de grandes lignes obliques et d’arêtes saillantes. On notera la modernité dans la peinture et la sculpture. La stylisation du visage de la Kachina Mère Corbeau est également tout à fait caractéristique : un triangle noir anime le visage. Cette représentation donne à cette poupée son caractère quasi « futuriste ». Les oreilles sont figurées par des éléments sculptés en pointe s’inscrivant en miroir du triangle du visage. Nous retrouvons encore des séries de triangles noirs sur les côtés du châle que porte ce personnage féminin.

La figure de la mère corbeau a inspiré de nombreux artistes, au premier rang desquels nous pouvons citer Sophie Taeuber-Arp qui dès 1921-1922 intègre des masques et costumes de kachina dans ses œuvres dadaïstes.