Afrique

Masque cimier Tyiwara
Bambara

Mali

Bois sculpté
Début du 20ème siècle
Hauteur : 105 cm

Ex collection Pace Gallery, New York
Ex collection David Serra
Ex collection Sako Diane, USA
Ex collection Pace Gallery, New York (inv. #53-1558)
Ex collection famille GvR, Bruxelles
Ex collection David Serra, Barcelone

Prix : nous consulter

Western Africa
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Selon les mythes originels des Bambara, un esprit ancestral nommé Tyiwara, de nature divine et se présentant sous une forme animale avait transmis la connaissance et introduit l’agriculture auprès des Bambara. Ce type de coiffe, nommé Tyiwara, était sculpté en souvenir de cet ancêtre mythique primordial. Reprenant la forme générale stylisée d’une antilope, ce type de cimier fait également référence de façon symbolique à d’autres animaux du bestiaire mythologique Bambara en lien avec la terre.
Le jeu des pleins et des vides dans la sculpture est également une référence à l’équilibre entre les forces positives et négatives qui permettent l’équilibre de la société Bambara. Les cérémonies Tyiwara faisaient paraître des cimiers antilopes de type masculins (cvomme c’est le cas ici) et féminins, là encore en référence à l’harmonie et à la complémentarité des forces de la nature. Les danseurs Tyiwara étaient parés de costumes sombres en fibres (raffia) qui couvraient entièrement leur corps, ne laissant visibles que le cimier. Leurs mouvements précisément chorégraphiés rappelaient la course d’une antilope. L’ensemble de la cérémonie était considéré comme une métaphore de la convergence des forces élémentaires (soleil, terre et eau).
On considère ainsi que les motifs en zigzag visibles sur la crinière de l’antilope étaient une référence aux rayons du soleil et à sa brillance. Les ondulations des fibres du costume faisaient eux allusion à l’eau. La cérémonie commençait dans les champs à l’extérieur du village et convergeaient peu à peu vers le centre du village. Les femmes accompagnaient les danses en chantant les louanges de Tyiwara et de ceux qui travaillaient la terre.
Les cimiers Tyiwara ont dès le début du 20ème siècle servi d’inspiration aux grands artistes européens tels que Constantin Brancusi ou Ferdinand Léger, qui admiraient le jeu des pleins et des vides et les qualités formelles, géométrisées et stylisées de ces figures.