Nouvelles Acquisitions

Bouclier de guerre Phantom

Vallée de la Wahgi, Hautes Terres
Papouasie-Nouvelle-Guinée

Bois sculpté, fibres et pigments
Deuxième partie du 20ème siècle
Décor peint : années 1980-1990

Hauteur : 170 cm
Largeur : 72 cm

Ex collection Chris Boylan, Sydney

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Melanesia – Papua New Guinea
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Ce bouclier des Hautes Terres figure le personnage de super-héros, the Phantom (le ‘Fantôme du Bengale’ en Français). Le télescopage des figurations (motifs abstraits représentatifs de l’art de la région et icône occidentale importée et replacée sur un objet lié aux conflits locaux) est une superbe illustration de l’évolution des cultures papoues dans la seconde moitié du XXème siècle. L’ornementation peinte avec le Phantom date vraisemblablement du dernier tiers du siècle dernier, mais le bouclier, lui, est antérieur ainsi qu’en attestent la surface à l’arrière du bouclier.

Créé par Lee Falk et publié à partir de 1936 (deux ans avant le lancement de Superman), le Phantom est le premier super-héros masqué. Publié en comic-strip dans les journaux de Nouvelle-Guinée et des îles et territoires voisins (Australie, Fidji, etc.), le Phantom est rapidement devenu l’un des super-héros les plus populaires dans le Pacifique (il a vraisemblablement été introduit dès les années 1940 via les journaux des soldats américains durant la Guerre du Pacifique, avant d'être largement diffusé 30 ans plus tard).
L’uniforme du Phantom inclut sur sa ceinture (ou parfois ses bagues) la figuration du crâne de son ancêtre, un pirate du XVIème siècle échoué sur une plage du Bengale. Ce super-héros est toujours armé, généralement d’une paire de pistolets comme ici.
Le Phantom (surnommé "The Man Who Cannot Die" ou "The Ghost Who Walks") censé être immortel entrait évidemment en résonnance avec les croyances des guerriers des Hautes Terres : homme-esprit, grand guerrier immortel, détenteur du pouvoir (et du crâne) de son ancêtre, autant d’éléments omniprésents dans les cultures de Papouasie Nouvelle-Guinée.
Ironie de la représentation : le héros est représenté avec des pistolets, or c’est justement l’introduction des armes à feu dans les Hautes Terres à partir de la fin des années 1980 qui a provoqué l’abandon progressif des boucliers : ces boucliers permettaient de se protéger efficacement contre les lances et flèches (armes traditionnelles dans les conflits de la région), pour autant ils n’étaient pas à l’épreuve des balles.