Amérique du Nord

Masque chamanique
Tsimshian ou Haisla

Colombie Britannique, Canada

Côte Nord-Ouest du Pacifique

Bois sculpté et pigments
19ème siècle
Hauteur: 29 cm

Ex vente Morelle, expert Charles Ratton, couverture du catalogue, lot 27, Drouot, 25 février 1980
Ex vente Gros & Delettrez, lot 216, Paris, 26 mai 1983
Ex collection Fernand Lafarge, France acquis à la vente ci-dessus

Prix: on request

America – Northwest Coast
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Depuis des millénaires, des groupes humains se sont établis sur les côtes du Pacifique Nord en Colombie Britannique au Canada.
Ces civilisations du Grand Nord ont développé des arts et cultures centrés sur des cosmogonies fascinantes. Les systèmes de croyances et de guérison fondées sur le chamanisme ont engendré un art chargé de puissance et de poésie.
Les sculpteurs du peuple Tsimshian étaient considérés comme les artistes les plus talentueux de la région de par leur approche mêlant sensibilité et expressivité exacerbée. A l’instar des Indiens Haida à l’ouest avec lesquels ils avaient de fréquents contacts, les Tsimshian se trouvent à l’épicentre des traditions artistiques du Pacifique Nord. Le masque Tsimshian présenté ici, s’appuyant sur les canons classiques de l’art de Colombie Britannique tout en les sublimant, constitue un chef d’œuvre de l’art Amérindien ancien.

Les Tsimshian portaient des masques au cours des cérémonies, des danses d’hiver et des séances chamaniques. Le premier grand découvreur occidental de l’art de Colombie Britannique est le capitaine James Cook qui collecte des œuvres sur place lors de son Voyage en 1778.
Ainsi que l’indique J. C. H. King dans « Portrait Masks from the Northwest Coast of America », Thames & Hudson, 1979), la plupart des masques portraits ont été collectés avant 1870. Après cette date s’ouvre une période marquée par la désintégration progressive et définitive des structures sociales et des traditions classiques dans les cultures amérindiennes du Pacifique Nord. Après avoir commencé par vendre ou échanger des objets sculptés de la vie quotidienne, les populations natives se mettent alors à se séparer des masques et sculptures qui jouaient un rôle central dans leurs pratiques cultuelles et chamaniques.
Franz Boas, le grand anthropologue des cultures de la Northwest Coast se rend sur place en 1886 avec des photographies et des dessins de masques dont il cherche à établir l’utilisation rituelle. Il se rend alors compte que le rôle exact et la signification de chacun de ces masques sont le plus souvent déjà impossibles à identifier à moins de se rendre dans le village même ou le masque avait été sculpté. Cela s’explique notamment par le fait que ces masques étaient réalisés pour un individu particulier qui lui conférait un sens et une identité personnelle et secrète. Avec le temps et la distance, ces connaissances se sont progressivement perdues.